Des alternatives aux vins de légende ?
Trois duos, six bouteilles, un défi à l’aveugle : Kevin met Victor face à l’un des exercices les plus redoutés des amateurs de vin. Sa mission ? Distinguer des crus mythiques de leurs alter ego bien plus abordables. Entre grands noms et belles découvertes, la dégustation promet révélations, surprises et quelques remises en question gustatives.

Kevin met Victor à l’épreuve : reconnaître à l’aveugle un vin de légende… et son double accessible
Quand Kevin m’annonce le thème du soir, je sens déjà l’embuscade : trois duos pour un défi à l’aveugle, avec à chaque fois un vin mythique opposé à une alternative estimée 4 à 10 fois moins chère. L’enjeu ? Démasquer les grands crus à l’aveugle, sans se laisser piéger par l’étiquette. Un exercice redoutable pour tout amateur convaincu d’avoir le palais sûr.
Premier duo : tension et éclat en Bourgogne
Le premier verre s’annonce éclatant, droit, ciselé. D’un côté, Pierre Girardin – La Petite Montagne 2023, tout en finesse et modernité : fraîcheur cristalline, fruit croquant, boisé discret. En face, le monument : Domaine des Comtes Lafon – Meursault 1ᵉʳ Cru Perrières 2016. À l’aveugle, la différence se joue sur la longueur : là où Girardin séduit par l’énergie, Lafon impressionne par la profondeur. Verdict ? L’écart de prix (multiplié par 10 !) se sent… mais se défend admirablement.
Deuxième duo : le duel des rouges ligériens
Retour à la Loire, terre de finesse et de nervosité. Les Pouches 2017 du Domaine de la Porte Saint-Jean déploie un fruit éclatant, presque sanguin, typique du cabernet franc sur calcaire. En face, le mythique Clos Rougeard 2013, charnel, enveloppant, d’une élégance séraphique. Là, le piège fonctionne : à l’aveugle, plusieurs palais penchent pour Les Pouches, plus vivant, moins austère. Le mythe, ici, se fait discret.
Troisième duo : voyage entre Californie et Bordeaux
Changement de décor avec Arnot-Roberts – Clajeux Vineyard 2014, syrah californienne à la précision chirurgicale, contre le vénérable Château Haut-Brion – Pessac-Léognan 2014. Dans le verre, deux mondes se frôlent : graphite et vieux cuir d’un côté, olive noire et violette de l’autre. Le Bordelais garde la main… mais la Californie s’invite parmi les grands.
L’enseignement de la soirée
Au final, ce blind tasting confirme une chose : les légendes méritent leur statut, mais le plaisir ne se mesure pas forcément au prix. Les alternatives, bien choisies, tiennent tête sans complexe et rappellent l’essence même du vin : émouvoir plus que convaincre.
